Pompe à chaleur : utiliser la géothermie et se chauffer grâce à la chaleur du sol

Les techniques pour améliorer la température ambiante à l’intérieur de la maison sont nombreuses. Mais comme l’économie d’énergie et la réduction des polluants sont aujourd’hui les mots d’ordre, il reste approprié de s’intéresser à des systèmes qui exploitent les ressources naturelles. C’est ainsi que le chauffage par géothermie s’est développé en France. Il consiste à chauffer une maison en captant l’énergie du sol et en utilisant une pompe à chaleur. Point sur son fonctionnement et ses avantages.

Principes de la géothermie

Une utilisation de l’énergie du sol pour chauffer une maison peut surprendre plus d’un. L’exploitation de cette énergie ne date pourtant pas d’hier, car on s’en servait déjà depuis le temps de la Rome antique.

Cette énergie provient des magmas, pour une géothermie à haute et moyenne énergie, et des nappes profondes, pour une géothermie à basse énergie. Ces deux techniques sont notamment utilisées pour un système de chauffage dédié à plusieurs logements, et demandent un forage profond. Lorsqu’il s’agit d’une maison particulière, on se sert plutôt d’une géothermie à très basse énergie. Dans ce cas, l’énergie est puisée des nappes phréatiques (aquathermie) ou du sol sec.

On utilise des tuyaux et des sondes enterrés pour capter cette énergie, au moyen d’un fluide caloporteur qui y circule notamment. Ce fluide va passer par une pompe à chaleur, où les calories sont transformées en chaleur. La pompe est reliée aux radiateurs, au plancher chauffant, au ballon d’eau chaude ou au chauffe-eau.

L’énergie fournie par le sol, même de la couche superficielle, est quasi inépuisable et suffit pour chauffer une maison particulière. Elle se renouvelle en effet de façon constante et de manière naturelle. Il faut néanmoins une installation adaptée et suffisamment performante.

Fonctionnement et principe pompe à chaleur géothermique

La géothermie horizontale

Pour une géothermie horizontale, on puise l’énergie depuis la partie superficielle du sol. Celle-ci va alors se renouveler grâce à l’ensoleillement et les ruissellements d’eaux. Les capteurs seront enterrés sur une profondeur maximale de 1,50 mètre et installés sur une surface 1,5 à 2 fois celle de la maison. Ainsi, avant d’arrêter son choix sur cette technique de chauffage, il faut réfléchir au maintien du projet sur le long terme, se demander si celui-ci n’entrave aucun projet de construction et d’aménagement futur.

En effet, la surface occupée par les capteurs ne doit plus être recouverte par aucun autre aménagement, afin de laisser le sol bénéficier de l’ensoleillement et des calories fournies par les eaux de pluie qui s’y infiltrent. Seuls des aménagements légers, telle une petite allée, seraient permis, même s’ils vont déjà réduire la capacité de rechargement calorifique et l’énergie pouvant être captée. L’idéal est donc de laisser la surface libre et éviter d’y installer une plantation, une piscine, une extension ou une terrasse.

Les capteurs doivent également être implantés loin d’une canalisation ou d’un arbre. Installés à proximité d’une canalisation ou d’une fosse septique, ils risquent en effet de geler en hiver, étant donné que la chaleur sera captée vers les sondes. Les racines d’un arbre peuvent également les abîmer en grandissant. L’aide d’un professionnel sera bien entendu nécessaire pour trouver et calculer la surface nécessaire pour obtenir une énergie suffisante et permettre le rechargement calorique sans jamais l’altérer avec le temps.

La géothermie verticale

À la différence de la géothermie horizontale, la géothermie verticale consiste à creuser dans le sol sur une profondeur qui n’excède pas 100 mètres. Celle-ci a l’avantage de pouvoir se faire sur une surface plus réduite. Elle convient ainsi à ceux qui disposent d’un espace plus restreint et qui souhaitent garder une partie de leur terrain pour des projets futurs.

La quantité d’énergie obtenue sera également moins dépendante des conditions extérieures. En effet, plus on creuse en profondeur, plus l’énergie fournie est importante. Toutefois, en raison de la profondeur recherchée et des travaux que cela requiert, la géothermie verticale coûte relativement plus cher que la géothermie horizontale. De même, il faut nécessairement déclarer les travaux auprès de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement. L’aquathermie, qui consiste à puiser l’énergie depuis les nappes phréatiques, constitue également une variante de la géothermie verticale.

Un système de chauffage alliant confort et économie

Le chauffage par géothermie fait partie des techniques les plus écologiques qui existent. Le système n’est en effet responsable d’aucune émission de polluants. Il utilise des ressources naturelles, produites sans avoir besoin d’une énergie fossile. À cet égard, ce dispositif de chauffage constitue également une alternative face à la crise énergétique et évite une dépendance aux énergies fossiles.

En ce sens, le chauffage par géothermie s’avère également plus économique. Certes, l’installation des sondes peut être coûteuse, mais le coût est vite rentabilisé par la performance énergétique que la pompe à chaleur est capable d’offrir. D’ailleurs, celle-ci ne requiert aucun entretien particulier. Il est également possible d’inverser le système et d’utiliser la pompe à chaleur pour refroidir la maison en été.

Le coût d’une installation géothermique

Le coût d’une installation géothermique va dépendre de celui de la pompe et de l’ampleur des travaux à réaliser, en fonction du type de sol et du système de géothermie choisi. Ainsi, pour une pompe à chaleur destinée à une géothermie horizontale, il faut compter entre 10 000 et 18 000€.

Pour une géothermie verticale en revanche, le coût varie entre 15 000 et 25 000€. En ce qui concerne le coût d’utilisation, il se trouve entre 0,2 et 8€ par an, selon la performance de l’isolation du logement. Une vérification annuelle sera également nécessaire pour la pompe à chaleur, qui coûte entre 100 et 300€.

À noter que pour l’achat et l’installation d’un chauffage par géothermie, il est possible d’obtenir des aides financières, dont le crédit d’impôt, le prêt à taux zéro ou les aides octroyées par les communes.

Le crédit d’impôt permet de déduire 30 % du coût de l’achat et de l’installation de l’impôt sur le revenu. Pour en bénéficier, il faut que les travaux soient réalisés par un professionnel labellisé RGE (Reconnu garant de l’environnement). Le prêt à taux zéro donne quant à lui accès à un emprunt sans intérêt pour la réalisation des travaux relatifs à l’installation géothermique. Certaines communes proposent également des aides financières aux propriétaires qui entament des travaux de rénovation énergétique, octroyées sous forme de prêts, de subventions ou d’allègement d’impôt. Il faut se renseigner auprès des responsables territoriaux pour en savoir davantage sur leur existence et les conditions d’éligibilité.